Mariama Ciré Bah, la voix de l’espoir pour les couples en détresse…

Mariama Ciré Bah, la voix de l’espoir pour les couples en détresse…

Mariama Ciré Bah, coach matrimoniale certifiée et fondatrice de « Ɓenndannde Desal », transforme son vécu en soutien concret : elle accompagne les couples pour prévenir, apaiser et dépasser les conflits.

Chaque jour, les conflits conjugaux détruisent de nombreux foyers. Dans cette atmosphère électrique, Mariama Ciré Bah se distingue par son engagement passionnant au service des couples en difficulté. Mariée dès l’adolescence, elle a fait de son vécu une force, et de ses douleurs un levier pour venir en aide aux autres. Aujourd’hui coach matrimoniale certifiée, elle est la fondatrice du cabinet « Ɓenndannde Desal » (maturité ou sagesse du mariage en pular), une structure dédiée à l’apport de conseils et à l’accompagnement dans la vie de couple.

Une enfance marquée par l’épreuve et la détermination

Originaire de Dalaba, en Moyenne-Guinée, Mariama commence ses études primaires en 1995 à Guéckédou. Une maladie mystérieuse freine brutalement son parcours scolaire. « Je ne savais pas ce que c’était exactement, mais cela m’a tellement fatiguée que ça a failli être paralysée », confie-t-elle.
Après près de deux années d’arrêt, elle reprend le chemin de l’école avec une ambition inébranlable. En 1997, elle rejoint l’école primaire de Tangama à Dalaba. Son père souhaitait qu’elle reprenne la 1ère année (CP1), mais elle s’y est opposée.

« Il voulait que je reprenne le CP1, mais je ne voulais pas. Pour lui, je ne pouvais pas tenir le CP2 (2e année) mais j’ai forcé la situation pour être en classe de CP2. Je n’avais pas fait le premier trimestre, mais après les évaluations du deuxième trimestre, je me suis classée 2e, et au dernier trimestre, j’ai été 1ère de ma classe », se souvient-elle avec fierté.

Depuis l’enfance, Mariama se sent investie d’un besoin de servir. « J’aime voir que je sers les gens. Ça, c’est depuis l’enfance, et cette joie de vivre, je l’ai gardée », confie la coach matrimoniale.

Un parcours académique brillant malgré les défis

En 2003, elle obtient son certificat d’études primaires (CEP, l’examen d’entrée en 7e année”). Elle poursuit ses études au Collège du Centre et décroche le BEPC en 2007. Elle continue au lycée Béhanzin et obtient le baccalauréat unique en 2010. Elle est ensuite orientée à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC), en Génie électrique, une filière majoritairement masculine. « Sur un effectif de 130 étudiants, on n’était que 7 filles, se rappelle-t-elle. J’ai eu mon examen de sortie avec mon troisième enfant ».

Mariée à 15 ans, elle jongle entre maternité et études. « Je me suis mariée en 2005, je passais en classe de 8e année. En classe de 9e année, j’étais enceinte de ma première fille ; 10e année, nourrice ; en 12e année, enceinte de mon second enfant ; et en Terminale, j’étais encore nourrice », explique la mère de famille.

De sa vie personnelle à l’engagement social

Mariama se lance dans le social en puisant son inspiration de son expérience personnelle. « Dans ma vie personnelle, j’ai vécu assez de choses (extraordinaires, parfois moins bonnes). Il fut un moment où je voulais être aidée, écoutée et accompagnée, mais je ne l’ai pas été, même si le besoin était là. J’ai aussi constaté que dans mon entourage, il y avait beaucoup de pleurs de part et d’autre, surtout chez les femmes. À cette époque, je me concentrais spécifiquement sur elles », confie-t-elle.

Mariama Ciré Bah a commencé à coacher sans même le savoir. « J’ai toujours été coach. J’aidais beaucoup de personnes. J’ai un ami avec qui je me suis entraînée au coaching sans même le savoir. C’est quelqu’un qui vivait avec sa femme, il y avait beaucoup de difficultés et ils se sont séparés. Le travail a commencé par la volonté de ramener cette femme dans son foyer. J’ai réussi à la faire revenir grâce aux démarches entreprises et aux conseils que j’ai donnés à mon ami. Je crois que mon entraînement est parti de là, sans le savoir », raconte-t-elle.

En 2020, elle obtient une certification en coaching matrimonial sur la plateforme française Formalis, puis une autre en 2021 auprès de Youvision, une structure africaine de formation. Cette même année, elle crée « Ɓenndannde Desal » et commence à publier des vidéos sur les réseaux sociaux, avant d’ouvrir un cabinet physique en 2023 à la T8.

Une coach inspirée et engagée

À travers ses publications presque quotidiennes, notamment sur Facebook, Mariama aborde les thèmes liés à la compréhension mutuelle, à la gestion des conflits, à la patience, à la communication au sein du couple, aux droits et devoirs des époux et au respect des valeurs du mariage. « J’ai toujours été inspirée par les situations. Quand un client est en face de moi, l’inspiration vient. Je porte le poids du problème comme si c’était le mien », explique la jeune femme.

Elle ne s’adresse pas uniquement aux personnes mariées, mais élargit son champ d’action à ceux qui se préparent ou qui sont prêts à s’engager dans la vie de couple. Une manière pour Mariama Ciré Bah de montrer que ces personnes comptent aussi véritablement à ses yeux. « Je ne suis pas psychologue, je suis juste une personne qui apporte un secours aux couples en détresse », aime se présenter la coach.

L’impact de son travail n’est pas négligeable

« Quand je reçois le retour de quelques femmes et hommes, je me sens à l’aise avec moi-même. Je sens que ma vie sert à quelque chose. Ma personne motive, inspire, aide certains à sortir de leurs difficultés. Je reçois parfois des appels de vieilles personnes d’une soixantaine d’années qui me disent : “Ma fille, ce que tu fais est formidable.” Il n’y a rien de plus apaisant que cela », confie-t-elle en laissant apparaître une émotion.

Une foi solide et une vision ambitieuse

Femme pieuse, Mariama puise ses références dans la réligion islamique. Elle aime lire, suivre des émissions documentaires, ou même du catch (WWE). Elle se définit ainsi : « Accueillir, sourire et parler résument mes qualités. Trop parler, c’est mon grand défaut ». Ce qu’elle déteste le plus : le mensonge. Et ce qu’elle chérit : l’honnêteté.

Pour elle, quand on accepte d’être vrai, on découvre qui l’on est. On découvre sa potentialité. « Là, on apprend à se servir et à servir les autres. Quand on refuse d’être vrai, on s’enfonce, et on entraîne notre entourage avec nous », assure-t-elle.

Dans ses consultations, elle fait parfois face à des situations complexes. Pour cela, elle a elle-même un coach qui l’aide à mieux gérer certains dossiers. Et comme elle aime le rappeler : « À l’image du voile que je porte quotidiennement, je couvre les histoires des gens ».

Une femme soutenue et tournée vers l’avenir

La trentaine révolue, mariée et mère de quatre enfants, Mariama rend hommage à son mari pour son soutien indéfectible. « Il m’a accompagnée et soutenue, partout où il voit quelque chose qui peut m’apporter dans mon expertise. Mon mari a découvert en moi une personne intelligente, qui aime étudier. Il m’a aidée dans ce sens. À chaque fois qu’il trouve une occasion, il me dit : “voici quelque chose”. C’est lui qui m’a proposé de suivre des cours d’anglais, que j’ai suivis entre 2011 et 2014 », confie-t-elle.

Aujourd’hui, la jeune femme rêve d’ouvrir une web-télé, de créer une ONG de femmes musulmanes, et de former les jeunes à la vie de couple. « Ce n’est pas pour exclure les autres, mais parce que les femmes musulmanes font face à des difficultés dans leur propre communauté et face aux autres. Je veux m’appuyer sur les textes religieux pour montrer qu’il n’y a pas plus féministe que l’islam », confie-t-elle.

Et son vœu le plus cher, c’est de « voir tout le monde goûter aux joies de la vie conjugale » !

Mohamed Diawara