Fria accueille le premier séminaire international consacré à l’autisme en Guinée

Fria accueille le premier séminaire international consacré à l’autisme en Guinée

Fria a accueilli le premier séminaire international sur l’autisme en Guinée, marquant une avancée majeure pour l’inclusion, la formation et la sensibilisation.

Les 5 et 6 décembre 2025 ont marqué une étape déterminante dans la lutte pour une meilleure compréhension et une meilleure prise en charge de l’autisme en Guinée. La préfecture de Fria, située à l’ouest du pays, a en effet abrité le tout premier séminaire international dédié à l’autisme, un événement historique organisé par la Fondation Salim pour les Enfants Autistes, dirigée par Mariama Aisha Barry.

Ce rendez-vous a rassemblé élus, institutions, experts, organisations de la société civile, familles et acteurs engagés dans la défense des droits des personnes autistes. Il ouvre une nouvelle dynamique nationale en faveur de l’inclusion, de la formation et de la sensibilisation.

Un accueil solennel pour un événement inédit

Représentant le préfet de Fria, Amara Bangoura a salué une initiative pionnière. « La préfecture de Fria a l’insigne honneur d’abriter le tout premier séminaire sur l’autisme en République de Guinée (…) C’est un immense honneur de vous souhaiter la bienvenue dans notre cité pour cet événement d’une importance capitale pour notre pays », a-t-il déclaré. 

Son allocution a rappelé la dimension historique du séminaire et l’engagement attendu des institutions locales pour soutenir des actions de santé publique encore trop peu connues.

Une initiative née d’un combat personnel et citoyen

À l’origine de ce projet, Mariama Aisha Barry, présidente de la Fondation Salim, mère d’une jeune adulte autiste de 31 ans. Elle a livré un témoignage poignant : « J’ai connu le manque d’accompagnement, le manque de réponses et surtout l’absence de professionnels formés. Ma motivation est de donner aujourd’hui ce que j’aurais voulu avoir pour ma fille ».

Installée en Irlande, elle mobilise depuis plusieurs années des ressources internationales pour soutenir la Guinée dans la prise en charge des troubles du spectre autistique (TSA).

Une présence institutionnelle marquante

La Conseillère nationale Fingui Camara, vice-présidente de la Commission des lois organiques du CNT, a décrit un enjeu de santé publique. « L’autisme est encore très méconnu en Guinée. Ces deux jours de formation permettront d’acquérir des compétences pour informer, sensibiliser et aider les familles à mieux comprendre les troubles du spectre autistique », a-t-elle estimé.

Elle a insisté sur la nécessité pour les pouvoirs publics de s’engager davantage dans les politiques d’accompagnement et de prévention.

Parmi les personnalités présentes, figurait également Souadou Baldé, Directrice Générale du Patrimoine Bâti de l’État, qui a tenu à exprimer son engagement personnel pour la cause : « Ce n’est pas la différence qui crée l’exclusion, mais le manque de soutien. Les personnes autistes vivent avec nous, travaillent avec nous, apprennent avec nous. Ce qui manque le plus aujourd’hui, c’est l’accompagnement, l’écoute, les dispositifs adaptés, et par-dessus tout l’amour inconditionnel ».

Elle a salué l’initiative de la Fondation Salim et affirmé son soutien aux mouvements visant à bâtir en Guinée une société inclusive : « Nous devons multiplier les initiatives : plus d’écoute, plus de formation et plus d’actions pour leur intégration. L’inclusion doit être un engagement collectif ».

Un atelier de formation pour comprendre, identifier et accompagner

La rencontre a également vu la participation active de l’Union des Consommateurs de Guinée, représentée par son vice-président Elhadj Boubacar Mitty Barry.
Les échanges ont permis d’aborder :

  • les signes caractéristiques de l’autisme,
  • les types de diagnostics,
  • l’importance des professionnels spécialisés,
  • le rôle central des familles,
  • les stratégies éducatives adaptées,
  • et la nécessité de structures appropriées.

L’atelier a mis en lumière une réalité : en Guinée, comme ailleurs en Afrique, l’autisme reste trop souvent entouré de préjugés. Pourtant, il « n’est pas une fatalité », ont rappelé les formateurs. Avec un accompagnement adapté, chacun peut développer son potentiel.

 

Des recommandations fortes pour l’État et les partenaires

Les participants ont formulé plusieurs recommandations, notamment :

  • la création de centres spécialisés dans toutes les régions,
  • la formation systématique des enseignants, éducateurs et personnels de santé,
  • l’élaboration de politiques publiques d’inclusion,
  • le lancement de campagnes de sensibilisation nationales,
  • l’appui aux familles souvent livrées à elles-mêmes.

Ces pistes constituent les premières bases d’un programme national en faveur de l’autisme.

Vers un mouvement national pour l’inclusion

Ce séminaire marque un engagement croissant des acteurs institutionnels, associatifs et citoyens. Il ouvre la voie à une nouvelle ère d’écoute, d’empathie et de mobilisation.

Comme l’a résumé Souadou Baldé, « nous pouvons toutes et tous contribuer à construire une société où chacun a sa place, sans conditions ni préjugés. »

La Fondation Salim et ses partenaires espèrent désormais que cette initiative fera naître un mouvement durable pour l’inclusion des personnes autistes à l’échelle du pays.

 

Alpha Oumar Baldé